Carnet de voyage — Road trip jusqu’au Monténégro (en passant par l'Italie, la Slovénie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine)
- Les yeux d'Aurélie
- 20 févr.
- 11 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
En juillet, nous décidons de partir pour un road trip d’été comme on les aime : des kilomètres, des frontières qui s’enchaînent, des villes au bord de l’Adriatique, des montagnes qui nous coupent le souffle… et, pour notre plus grand plaisir, une quantité de chats franchement impressionnante. La finalité, c’était le Monténégro — mais le chemin pour y arriver et en revenir a été tout aussi mémorable. Le tracé n'était pas très défini à l'avance, les hôtels ont été réservés au fur et à mesure de notre avancée et nous avons toujours trouvé de chouettes hébergements, même à la dernière minute.
Voici notre carnet de route à travers ces différents pays.

15 jours à travers 5 pays :
Résumé de notre itinéraire :
Jour 1 : Milan
Jour 2 : Zadar
Jour 3 : Split, chutes de Kravica et Mostar
Jour 5 : Parc National de Durmitor
Jour 8 : Prčanj, les bouches de Kotor
Jour 9 : Kotor
Jour 11 : Dubrovnik
Jour 12 : Île de Mljet et Metković (Croatie)
Jour 13 : Piran et Kozina (Slovénie)
Jour 14 : Abano Terme (Italie)
Jour 15 : Vérone, Sirmione et Bergame
Jour 1 : Milan et ses sandwichs de porchetta
Nous quittons Genève avec cette excitation des départs en road trip, quand tout est encore possible et que la voiture est remplie de “au cas où”. Après la route, on fait notre premier arrêt incontournable à Milan pour aller manger un sandwich foccacia italien à All’Antico Vinaio. Nous avions découvert cette chaîne de sandwichs lors d'un séjour à Rome.
Nous prenons comme d'habitude "la numero 5", avec de la porchetta (double ration pour Simon), de la crema di patate arrosto et de la crema di parmigiano DOP. Un pur délice ! C’est exactement ce qu’il nous fallait pour lancer le voyage : simple, généreux, et mémorable.
Notre hébergement : AN Park Hotel Milano Settala, 129 euros
Jour 2 : 1er arrêt croate : Zadar
Grosse journée de route : on file vers le sud-est en traversant l'Italie et la Slovénie sous beaucoup de pluie et on sent peu à peu l’Adriatique se rapprocher. En fin de journée, on arrive à Zadar, en Croatie, où le temps est bien meilleur. Nous partons directement nous promener dans la vieille ville, entre les pierres claires, la mer tout près, et cette ambiance estivale où tout le monde flâne.
Notre hébergement : Tamaris Rooms à Zadar, 117 euros
Jour 3 : Split, chutes de Kravica et Mostar
Nous reprenons la route tôt et nous nous arrêtons à Split pour couper le trajet. On marche, on observe la vie sur les quais, on profite de l’énergie de la ville avant de repartir. Ensuite, nous décidons de changer d'univers et de faire un détour en passant par la Bosnie-Herzégovine.
Nous découvrons les chutes de Kravica, parfaites pour respirer un peu et se rafraîchir. Les
chutes de Kravica (ou Kravice) sont un ensemble spectaculaire de cascades de 25 à 28 mètres de haut s'étendant sur un arc de 120 mètres le long de la rivière Trebižat. La baignade y est autorisée et très prisée de juin à septembre. Vous trouverez sur place des restaurants, des aires de pique-nique et des services de location de kayaks.
Après 45 minutes de routes, nous arrivons à Mostar. Nous nous installons dans un hôtel 5 étoiles dans la partie moderne de la ville. Puis nous parcourons la ville direction la vieille ville. Nous sommes saisis par l’atmosphère : les ruelles, les influences ottomanes, et bien sûr le célèbre pont de Mostar ou Stari Most (vieux pont) classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2005. Construit à l'origine en 1566 par l'architecte ottoman Mimar Hayruddin sous l'ordre de Soliman le Magnifique, il se compose d'une arche unique de 29 mètres de long s'élevant à 24 mètres au-dessus de la rivière Neretva. Ce pont a été détruit le 9 novembre 1993 pendant la guerre de Bosnie, il a été reconstruit à l'identique entre 2001 et 2004 avec les pierres d'origine récupérées dans la rivière. Il symbolise aujourd'hui la réconciliation entre les communautés.
Après un tour dans la vieille ville, remplie de touristes, nous nous attablons sur la terrasse d'un restaurant avec vue sur le pont. Deux chats s'approchent et nous leur donnons un peu de notre nourriture. Et là, une scène surréaliste arrive : un des deux chats marque son territoire en projetant un jet d'urine dans notre direction. Pas très commode ce chat bosniaque!
Notre hébergement : Hotel Mepas, 80 euros
Jour 4 : Premiers moments au Monténégro : Žabljak
Nous quittons la ville de Mostar que nous avons beaucoup apprécié et nous allons découvrir Blagaj Tekke, la Maison des Derviches. Il s'agit d'un monastère soufi construit vers 1520, posé au pied d’une falaise immense au bord d'une rivière. Le lieu est paisible, presque hors du temps.
Puis, nous mettons le cap sur le Monténégro. Nous roulons sur des petites routes étroites au milieu de nulle part pendant 1h30. Nous arrivons au 1er poste de frontière pour sortir de la Bosnie. Le douanier, peu souriant, nous demande nos papiers et part avec dans sa petite cabane. Nous retenons notre respiration et espérons que tout est en ordre. Après une dizaine de minutes d'attente quand même, le douanier revient et lève la barrière qui barrait la route. Quelques mètres plus loin, le scénario se répète, cette fois à la frontière du Monténégro!
La route nous emmène vers les montagnes et on sent l’air changer : plus frais, plus pur. Nous sommes dans le parc National de Durmitor, situé au nord-ouest du Monténégro. Ce parc est le plus vaste espace protégé du pays et un site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1980. Il est célèbre pour ses paysages façonnés par les glaciers, comprenant 48 sommets de plus de 2 000 mètres, 18 lacs glaciaires et le canyon de la rivière Tara, le plus profond d'Europe.
Dans l'après-midi, nous nous arrêtons au lac (jezero) Vražje. Le paysage est magnifique, des chevaux galopent et nous faisons une balade autour du lac.
En fin de journée, nous arrivons dans un petit coin de paradis que nous avons loué pour deux nuits, proche de Žabljak, aux portes du parc national de Durmitor. Notre logement est une petite cabane aux toits très pentus typiques de la région, au bord d'un petit lac, le Zminicko Jezero. Le petit hôtel possède également un restaurant dans lequel nous prenons notre repas du soir.
Notre hébergement : Apartmani Jezero,100 euros pour 2 nuits
Jour 5 : Parc National de Durmitor
Au réveil, le lac est paisible et le cheval de l'hôtel broute l'herbe devant notre cabane.
Durant le petit-déjeuner, ce dernier sans gêne vient quémander (voire voler) un bout de pain.
Notre journée est dédiée à l'exploration du parc du Durmitor. On marche dans le parc, on alterne forêts, points de vue, et bords de lacs, dont le lac noir (Crno Jezero). Après plusieurs heures de marche, nous revenons à notre hôtel, contents de notre journée dans la nature.
Notre hébergement : Apartmani Jezero,100 euros pour 2 nuits
Jour 6 : Tara Bridge, Ostrog, Podgorica et Rijeka Crnojevića
Après un dernier regard sur le lac et notre petite cabane, nous nous rendons au Tara Bridge (Đurđevića Tara Bridge) : impressionnant, vertigineux, avec le canyon de la rivière Tara. Nous traversons le pont à pied. Le trottoir est très étroit et les camions qui passent sur le pont le font trembler. Au vue des bouts de ferrailles qui y dépassent, nous sommes moyennement rassurés.
Pour les amateurs de sensations fortes, vous pouvez faire de la tyrolienne ou du rafting dans la rivière Tara.
Notre prochain arrêt se fait au monastère inférieur d’Ostrog (Donji manastir). Même sans monter au monastère supérieur, l’endroit est marquant, accroché à la roche, chargé d’histoire.
On passe ensuite par Podgorica : on s’y arrête, mais on ne s’y attarde pas — la ville ne nous accroche pas vraiment. On fait quand même un détour par la Niagara Waterfall, petite pause sympa. Ceci dit, ne faites pas un détour pour y aller, cela ne vaut pas vraiment la peine.
Puis on enchaîne avec un des grands moments du voyage : le point de vue de Pavlova Strana au-dessus de Rijeka Crnojevića. La rivière serpente en contrebas, c’est exactement le genre de panorama qui nous fait dire “ok, ça valait la route”.
On arrive dans le village d'à côté, ambiance pêcheurs et calme total. Nous mangeons du poisson frais dans un restaurant du village et nous nous baladons au bord du canal où barques et chats se côtoient.
Notre hébergement : Hotel S Family Jovicevic, 50 euros
Jour 7 : Rijeka Crnojevića, Sveti Stefan, Rose
Le matin, nous faisons un tour en bateau sur le lac. L’eau est calme, on glisse entre les nénuphars, et on profite de ce moment suspendu où les paysages sont sublimes.
Ensuite, nous prenons la route vers la côte en changeant de décor. On passe par Petrovac, puis on s’arrête à Sveti Stefan, l'icône absolue du littoral monténégrin. Il s'agit d'un îlot-hôtel de luxe. C’est magnifique, bien que l'îlot soit accessible uniquement pour les personnes qui y logent… mais on hallucine en voyant le prix de la plage en face de l'îlot : 180 euros le transat la journée. Nous nous contentons d’admirer, de nous balader et de repartir.

Puis, nous traversons Budva, plus animée, plus “station balnéaire” où beach clubs se suivent. La vieille ville est plus calme en journée et les petites ruelles à l'ombre nous offrent une pause fraîcheur. Nous arrivons à notre destination finale en fin de journée, Rose. Notre hôtel qui est totalement nouveau surplombe le village et la côte. La vue depuis notre chambre est magnifique.
Notre hébergement : Agape Rose Hotel, 125 euros
Jour 8 : Prčanj, les bouches de Kotor
On commence la journée par une petite balade au village de Rose, petit port tranquille avec une ambiance de carte postale.
Puis nous rejoignons Prčanj, dans les bouches de Kotor. On s’installe et on savoure le calme : c’est l’endroit parfait pour rayonner sans être dans l’agitation.
Notre hébergement : Montebay Perla , 220 euros, pour deux nuits
Jour 9 : Kotor
Cette journée est dédiée à Kotor. Kotor est une cité médiévale classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, célèbre pour ses paysages spectaculaires entre montagnes abruptes et mer Adriatique. On se perd dans les ruelles, on s’arrête tout le temps… parce qu’il y a des chats partout. On découvre même un parc dédié aux chats, avec distributeur de croquettes et eau que les gens peuvent remplir : forcément, on y reste plus longtemps que prévu et on profite d'observer les chatons qui jouent ensembles. Ils ne sont pas tous en très bonne santé malheureusement. Nous apprendrons qu'un vétérinaire passe une fois toutes les 2-3 ou 4 semaines pour effectuer des soins.
Puis, nous attaquons la montée au fort. Il fait chaud, ça grimpe, on transpire, mais la vue en haut est incroyable : les bouches de Kotor s’ouvrent devant nous, et on a l’impression de dominer tout le Monténégro.
Notre hébergement : Montebay Perla , 220 euros, pour deux nuits
Jour 10 : Derniers moments au Monténégro : Herceg Novi et Perast
Aujourd'hui est notre dernière journée au Monténégro. Nous partons à Herceg Novi et nous nous baladons le long de la côte. On tombe sur des chatons, évidemment, et on finit par s’attabler dans un restaurant où les poissons et fruits de mer sont d’une fraîcheur incroyable.
On passe ensuite par Perast, petit bijou élégant, parfait pour flâner et prendre des photos.
Puis on franchit la frontière et on arrive à Dubrovnik, en Croatie.
Notre hébergement : Bo-Go Galijun, 146 euros
Jour 11 : Dubrovnik
Nous consacrons la journée à la vieille ville de Dubrovnik. Nous marchons beaucoup et nous nous laissons porter par l’ambiance. C’est beau, très beau, et forcément très touristique — mais on comprend pourquoi.
Le soir, on se fait une soirée en hauteur avec une vue sur Dubrovnik au coucher de soleil : la ville s’illumine, et on a ce moment de gratitude typique des voyages. On termine avec un restaurant de viande vraiment excellent.
Pour la nuit, nous avons loué une chambre à l'Akademis Academia. Il s'agit d'un campus universitaire reconverti en chambres l’été — expérience assez drôle et pratique.
Notre hébergement : Akademis Academia, 123 euros
Jour 12 : Île de Mljet et Metković
Aujourd'hui, nous partons pour une excursion à la journée sur l'île de Mljet. On prend le bateau, on s’arrête sur un petit îlot, puis on part en randonnée sur l’île. C’est une journée nature, plus calme, qui fait du bien après l’intensité de Dubrovnik.
En fin de journée, on roule jusqu’à Metković pour y dormir.
Notre hébergement : Hôtel Narenta, 75 euros
Jour 13 : Piran et Kozina (Slovénie)
Nous continuons notre remontée vers le nord et nous entrons en Slovénie. Nous nous arrêtons à Piran, charmante et lumineuse, parfaite pour une pause au bord de l’eau.
Anecdote improbable : au bord de l'eau, il y a un "cat hostel", petit espace aménagé avec abris et nourriture pour les chats. Mais que voit-on ? Un hérisson qui vient tranquillement manger la nourriture des chats et qui se goinfre de pâtée. On reste là à regarder la scène amusés.
Notre hébergement : Casino & Hotel Admiral Kozina, 130 euros
Jour 14: Abano Terme (Italie)
Pour cette journée, nous franchissons la frontière de l'Italie et nous arrivons à Abano Terme. Abano Terme, située en Vénétie est l'une des stations thermales les plus anciennes et les plus importantes d'Europe. Surnommée la « ville qui enlève la douleur », elle est célèbre pour ses eaux et ses cures de boue aux vertus thérapeutiques millénaires.
Notre hôtel possède un spa avec bains extérieurs. Nous descendons et mettons nos affaires dans un casier. Après un moment de détente, nous retournons à notre casier mais celui-ci est bloqué. Nous voilà donc en train de remonter à la réception pieds nus, avec des sacs plastiques sur les pieds. On se dit qu’on a vraiment le don pour les situations absurdes! Allez, la photo, c'est cadeau :-).

Notre hébergement : Hôtel Terme All’Alba , 126 euros
Jour 15 : Vérone, Sirmione et Bergame
Dernière journée en Italie, mais on veut en profiter jusqu’au bout. On s’arrête à Vérone : on voit le fameux balcon de Roméo et Juliette. Le célèbre balcon, situé à la Casa di Giulietta, est l'un des sites les plus visités d'Italie. Bien que la maison date du XIVe siècle, le balcon lui-même est un ajout décoratif des années 1930 destiné à renforcer le mythe shakespearien (clairement attrape-touriste, mais on coche la case).
On continue notre route vers le Lac de Garde et on fait un stop à Sirmione : l’eau, les ruelles, l’ambiance vacances… parfait pour clôturer le voyage.
Un stop à Bergame est obligé. Pourquoi ? Pour déguster un fameux sandiwch foccacia à l'All’Antico Vinaio. On en profite pour faire une balade dans la ville haute.
Puis nous reprenons la route vers Genève, la tête pleine d’images : pont bosniaque, montagnes du Durmitor, chats de Kotor, pierres de Dubrovnik.
Conseils pratiques pour un roadtrip au Monténégro, Croatie, Bosnie-Herzégovine
Quand partir ?
Juillet-août : parfait pour l’ambiance estivale et les longues journées, mais il faut accepter la chaleur, les prix plus élevés (coucou Sveti Stefan) et les spots très fréquentés (Dubrovnik, Kotor).
Juin ou septembre : selon nous, le meilleur compromis. Mer agréable, moins de monde, températures plus supportables, et une expérience plus “road trip” que “foule”.
Nourriture (ce qu’on retient)
Italie : sandwich d’anthologie chez All’Antico Vinaio, et globalement… difficile de mal manger.
Croatie / Monténégro : beaucoup de grillades, poissons/fruits de mer sur la côte, et des repas simples mais efficaces après les journées de route.
Bosnie-Herzégovine : influences ottomanes, plats généreux, et surtout des pauses thé/café qui collent parfaitement à l’ambiance de Mostar.
Conclusion
Ce road trip, c’était un concentré de tout ce qu’on aime : des pays qui s’enchaînent, des paysages qui changent radicalement en quelques heures, des moments “waouh” (Durmitor, Pavlova Strana, Kotor), et des anecdotes qu’on n’aurait jamais pu inventer (le chat de Mostar, le cheval quémandeur). Vous pouvez bien entendu ajouter ou sauter des étapes, selon votre point de départ ou vos envies. Il est également possible de prendre un vol pour le Monténégro ou la Croatie et de louer une voiture pour vous déplacer dans cette région.
Le Monténégro a été le point culminant du voyage : sauvage à l’intérieur, méditerranéen sur la côte, et incroyablement photogénique. Et au final, on s’est dit une chose : la destination compte, mais c’est vraiment la route qui fait le voyage.

























































































































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